Médecine interne Une étude se penche sur la réduction de la démence

Une étude se penche sur la réduction de la démence

“Garder son cerveau actif, en essayant de ne pas devenir déprimé et en mangeant un régime riche en fruits et légumes sont les meilleurs moyens de prévenir la démence en développement”, selon un rapport publié dans le Daily Telegraph.

Cette étude a été mise en place pour estimer comment l’élimination des facteurs de risque spécifiques de la démence pourrait réduire le nombre de personnes développant la maladie. Les chercheurs ont suivi 1 433 adultes âgés de plus de sept ans, au cours desquels ils ont régulièrement évalué la performance cognitive et plusieurs facteurs de risque connus et soupçonnés de démence.

Cette étude relativement vaste et bien menée peut avoir des implications pour les programmes de santé publique. Les conclusions ne sont que des estimations approximatives et leur pertinence pour les individus n’est pas claire. On sait peu de choses sur le fait de savoir si l’un de ces facteurs de risque pourrait contribuer au développement de la démence. De plus, les participants avaient en moyenne 72,5 ans au début et l’effet de la modification de ces facteurs de risque plus tôt dans la vie est inconnu.

Le message est cependant bon, et manger sainement, garder le cerveau et le corps actifs et maintenir le bien-être émotionnel sont des mesures sensées. Bien que la cause exacte de la démence soit inconnue à l’heure actuelle, il est possible, mais non prouvé, que modifier votre style de vie en conséquence peut réduire le risque de développer cette maladie.

D’où vient l’histoire?

L’étude a été réalisée par des chercheurs de l’hôpital de La Colombière, de Montpellier, de l’Université de Montpellier et de l’Imperial College de Londres. Il a été financé par Novartis, une société pharmaceutique, et par l’Agence nationale de recherche. L’étude a été publiée dans le British Medical Journal révisé par des pairs.

L’étude a été rapportée équitablement dans les médias, bien que de nombreux articles aient tendance à interpréter les résultats pour donner des conseils sur ce que les individus peuvent faire pour éviter la démence. Bien que le conseil soit judicieux, la recherche s’est concentrée sur ce qui pourrait être fait au niveau de la santé publique pour réduire les cas de démence à l’avenir. On ne sait pas si leurs estimations peuvent être traduites en réductions du risque individuel.

De quel type de recherche s’aggissait-t-il?

Cette étude de cohorte prospective de sept ans a été mise en place pour estimer comment l’élimination des facteurs de risque spécifiques de la démence pourrait réduire le nombre de personnes atteintes de la maladie. Bien que la cause exacte de la démence demeure inconnue, plusieurs facteurs de risque modifiables ont été identifiés, notamment les maladies cardiaques et les accidents vasculaires cérébraux, l’alimentation, la dépression, l’alcool et le niveau d’éducation. Les chercheurs soulignent que le monde est confronté à une «pandémie» de démence, avec des augmentations prévues entre 100% et 300% entre 2001 et 2020. Même de faibles réductions de l’incidence auront d’énormes avantages pour la santé publique.

Qu’est-ce que la recherche implique?

Dans la première étape de l’étude, les chercheurs ont examiné tous les facteurs de risque de démence identifiés dans des études antérieures. Ceux-ci comprennent l’âge, l’éducation, les différences ethniques, les facteurs génétiques, les antécédents de dépression et les facteurs liés au mode de vie tels que la consommation d’aliments, d’alcool et de caféine. Ils ont ensuite identifié une liste de facteurs de risque «candidats» susceptibles d’être modifiés ou inversés, qu’ils prévoyaient utiliser pour modéliser les effets de toute intervention.

Dans la deuxième étape, 1433 personnes en bonne santé de plus de 65 ans ont été recrutées et tirées au sort parmi les listes électorales de Montpellier dans le sud de la France entre 1999 et 2001. Tous les participants avaient des tests cognitifs détaillés et validés par un neurologue au début de l’étude période et encore à deux, quatre et sept ans. Au début de l’étude, ils ont également participé à des entrevues détaillées avec des questions sur le statut social et économique, le niveau d’éducation et un test de lecture des adultes reconnu comme une mesure de l’intelligence à vie. Des questions ont également été posées sur le revenu, le quartier, la taille, le poids, l’alimentation, la consommation d’alcool, le tabagisme et l’apport de café et de thé.

Les participants ont également posé des questions détaillées sur leurs antécédents médicaux, y compris les facteurs vasculaires tels que s’ils avaient subi une maladie cardiaque ou un accident vasculaire cérébral. Tous les rapports de problèmes vasculaires ont été confirmés par les médecins et les dossiers médicaux. Les autres domaines comprenaient la dépression (en utilisant des échelles validées), l’utilisation de médicaments, la pression artérielle, le diabète et l’IMC.

Les chercheurs ont utilisé des méthodes statistiques standard pour évaluer toute association entre le développement de la démence ou une déficience cognitive légère (un prédicteur établi pour la démence) et les facteurs de risque «candidats». Ils ont ensuite utilisé ces résultats pour estimer l’impact qu’aurait l’élimination de certains facteurs de risque au niveau de la population sur l’incidence future de la démence.

Quels ont été les résultats de base?

Les principaux résultats de l’étude de sept ans étaient les suivants:

Le pourcentage attribuable à la population du principal facteur de risque génétique connu de démence (portant un certain type de gène de l’apolipoprotéine E) était de 7,1% (c.-à-d. Une réduction de 7,1% des cas de démence si cette prédisposition génétique pouvait être éliminée).

De même, l’augmentation des niveaux d’activité cognitive (mesurée par des scores de lecture donnant une mesure de l’intelligence générale) permettrait de réduire les cas de démence de 18,1%.

L’élimination de la dépression chez les personnes âgées réduirait les cas de démence de 10,3%.

L’élimination du diabète permettrait de réduire les cas de démence de 4,9%.

L’augmentation de la consommation de fruits et légumes au sein de la population permettrait de réduire les cas de démence de 6,5%.

Dans l’ensemble, l’élimination de la dépression, du diabète et de l’augmentation de la consommation de fruits et de légumes réduirait les cas de démence de 20,7%.

Comment les chercheurs ont-ils interprété les résultats?

Les chercheurs concluent qu’en l’absence de traitement efficace, les programmes de santé publique devraient avant tout viser à prévenir le diabète, déjà un facteur de risque bien établi de la démence. Même si l’amélioration du régime alimentaire et de l’activité intellectuelle serait également utile, il s’agit de stratégies difficiles à mettre en œuvre au niveau de la population. Si la dépression est un facteur de risque ou un symptôme précoce de la démence n’est pas claire, mais les chercheurs disent qu’il serait facile de dépister et de traiter la dépression clinique.

Conclusion

Cette étude prospective bien menée est une contribution utile à la compréhension du rôle que certains facteurs de risque jouent dans le développement de la démence. Ses diagnostics de démence ont été validés par des neurologues et il comprend également des mesures de presque tous les facteurs de risque modifiables connus. Il soutient les résultats de recherches antérieures montrant qu’il s’agit de facteurs de risque et estime à quel point l’incidence de la démence pourrait être réduite si certains facteurs de risque étaient abordés au niveau de la santé publique. Cependant, comme le notent les chercheurs, leurs calculs ne peuvent fournir que des estimations grossières.

L’étude avait d’autres limites, décrites ci-dessous.

Bien que personne n’ait été diagnostiqué avec la démence au début de l’étude, il est toujours difficile de s’assurer que tous les facteurs de risque ont précédé définitivement tous les changements cognitifs.

Tous les participants avaient plus de 65 ans au début des sept années et l’âge moyen était de 72,5 ans. Par conséquent, il est difficile de déterminer quel effet pourrait avoir la modification de ces facteurs de risque plus tôt dans la vie sur le risque de développer ultérieurement une déficience cognitive et la démence.

Les chercheurs ont inclus dans leur analyse des personnes ayant une déficience cognitive légère au sein du groupe qui a développé la démence, même si certaines d’entre elles peuvent ne jamais développer de démence.

On ne sait pas dans quelle mesure les facteurs de risque mesurés sont interdépendants, c’est-à-dire comment l’élimination d’un facteur pourrait en modifier un autre.

Bien que les chercheurs aient ajusté leurs résultats pour d’autres facteurs susceptibles d’affecter le risque de démence, il n’est pas possible de savoir avec certitude si d’autres facteurs pourraient influencer le risque d’un individu.

Dans l’ensemble, cette étude ne peut établir de façon définitive un lien causal entre la démence et ces facteurs de risque. Néanmoins, une alimentation saine, le maintien de l’activité physique et cérébrale et le maintien du bien-être émotionnel sont des mesures judicieuses pour promouvoir une vie saine. | ​​N |

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