Alimentation saine Le poids supplémentaire est-il bon pour vous?

Le poids supplémentaire est-il bon pour vous?

Le Daily Telegraph a rapporté que “quelques kilos en trop vous aident à vivre plus longtemps”. Selon le journal, de nouvelles recherches montrent que les personnes en surpoids vivent plus longtemps que leurs pairs minces. Il a dit que les résultats défient la croyance commune que rester mince est le secret d’une vie longue et saine.

Bien que des chercheurs canadiens aient constaté qu’un groupe de personnes obèses présentaient un taux de mortalité inférieur à celui des personnes d’un groupe de poids idéal, leur recherche ne devrait pas être interprétée comme signifiant que les personnes minces devraient prendre du poids.

La raison de cette conclusion apparemment contradictoire n’est pas claire. Comme il s’agissait d’une étude observationnelle, il est impossible de dire ce qui a causé l’association. En outre, l’étude n’a pas mesuré d’autres facteurs, tels que le statut socio-économique et la forme physique, qui auraient pu être impliqués dans l’association. Malgré les reportages sur cette étude, les gens devraient viser à maintenir un poids santé par l’exercice et de bons choix alimentaires.

D’où vient l’histoire?

Cette recherche a été réalisée par Heather Orpana, une sociologue et chercheuse de Statistique Canada à Ottawa, et des collègues d’ailleurs au Canada et aux États-Unis. L’étude a été soutenue par des subventions des National Institutes of Health aux États-Unis, le vieillissement et le diabète et les maladies digestives et rénales, plus une subvention de recherche de l’ambassade du Canada à Washington. L’étude a été publiée dans Obesity, une revue médicale évaluée par des pairs.

Quel genre d’étude scientifique était-ce?

Il s’agissait d’une étude longitudinale / de cohorte qui analysait les données d’enquête et les taux de mortalité dans une population canadienne.

Les chercheurs expliquent qu’un risque évident de mortalité est associé à l’obésité (définie par l’Organisation Mondiale de la Santé comme un indice de masse corporelle de 30 ou plus), mais que le risque de mortalité associé à l’embonpoint (IMC de 25 à 30) est ambigu. Ils voulaient tester le lien entre l’IMC et la mort, quelle qu’en soit la cause, chez un échantillon d’adultes canadiens.

Les chercheurs affirment qu’étudier ce groupe de poids est particulièrement important puisque le nombre de personnes classées en surpoids augmente dans le monde entier. Il est bien connu que l’obésité est liée à des taux accrus de diabète de type 2, de maladies cardiaques, d’hypertension artérielle, d’accident vasculaire cérébral, de maladie de la vésicule biliaire, de certaines formes de cancer, d’arthrose et de problèmes psychosociaux. C’est aussi un facteur de risque de décès prématuré.

Les chercheurs ont analysé les données de l’Enquête nationale sur la santé de la population, une étude menée par Statistique Canada tous les deux ans depuis 1994-2005. Dans cette enquête, les données de suivi étaient disponibles jusqu’en 2006/07. Au total, 17 276 membres de ménages privés ont été sélectionnés pour analyse à partir de l’enquête 1994/5. Un participant de chaque ménage sélectionné a été invité à participer et 86% d’entre eux ont accepté de participer.

Les participants de plus de 25 ans (12 455 personnes) ont été inclus dans les présentes analyses. Les chercheurs ont exclu 109 femmes enceintes et celles dont les données sur l’IMC ou le tabagisme étaient manquantes. La taille finale de l’échantillon était de 11 834 personnes.

Tous les décès ont été contre-vérifiés dans la base de données sur les décès au Canada jusqu’au 31 décembre 2005. Les décès après cette date n’ont pu être confirmés, mais les chercheurs ont indiqué que les déclarations de décès avant cette date étaient exactes.

Les participants ont indiqué leur propre taille et poids, qui ont ensuite été utilisés pour calculer leur IMC. Les chercheurs ont analysé les données en utilisant des modèles qui leur ont permis de s’ajuster à divers autres facteurs qui pourraient également influer sur le risque de décès, tels que l’âge, le sexe, le tabagisme autodéclaré, la fréquence de l’activité physique et la consommation d’alcool.

Quels ont été les résultats de l’étude?

Un nombre à peu près égal d’hommes et de femmes était impliqué et plus de la moitié de l’échantillon avait moins de 45 ans.

Dans l’échantillon étudié, 1 929 décès ont été observés au cours de la période de suivi de 115 225 années-personnes. (Les années-personnes est une mesure calculée en multipliant les années de suivi par le nombre de personnes suivies et offre une meilleure mesure comparative des taux dans les études qui suivent de nombreuses personnes au fil du temps.)

Dans les modèles qui tiennent compte des facteurs sociodémographiques et des comportements liés à la santé:

Le risque de décès des personnes présentant une insuffisance pondérale a été augmenté (risque relatif [RR] de 1,73, intervalle de confiance à 95% [IC] 1,25 à 2,39).

Le risque de décès pour les personnes ayant un IMC de 35 ou plus (classe d’obésité II +) a également été légèrement augmenté (RR était 1,36, IC 95% 1,00 à 1,85).

Ceux qui avaient un IMC entre 30 et 35 ne présentaient pas de risque accru (RR était de 0,95, IC à 95% de 0,72 à 1,18).

Comparés à ceux de la catégorie de poids normal, les individus en surpoids (IMC de 25 à 30) présentaient un risque de décès plus faible (RR de 0,83, IC à 95% de 0,72 à 0,96).

Quelles interprétations les chercheurs ont-ils tirées de ces résultats?

Les chercheurs disent que, dans la population canadienne étudiée, il y avait un «risque de mortalité significativement augmenté au cours des 12 années de suivi chez les personnes de l’insuffisance pondérale et de l’obésité de classe II +».

Ils disent que le surpoids était associé à un effet protecteur significatif par rapport à ceux de la catégorie de poids idéale.

Que fait le NHS Knowledge Service de cette étude?

Cette étude a recueilli des données d’enquête auprès d’un grand nombre de personnes et les a suivies pendant 12 ans en moyenne. Il ajoute à l’information disponible sur le degré de risque pour les personnes de différentes catégories de poids et a l’avantage d’être une étude longitudinale d’une population au fil du temps.

À certains égards, le délai de suivi de 12 ans était relativement court. Avec une proportion élevée de jeunes dans l’enquête, il est probable que les causes de décès sont celles qui mènent à une mortalité prématurée, plutôt que les maladies liées au mode de vie liées au poids qui pourraient causer des décès chez certaines personnes âgées. Comme la cause du décès n’est pas rapportée, il n’est pas possible, à partir de cette étude, d’en dire plus sur une relation entre la maladie, le poids et la mortalité dans cette population.

Il existe plusieurs autres limitations à prendre en compte lors de l’interprétation des données:

En raison du plan d’échantillonnage, les participants étaient semblables aux membres d’un ménage canadien moyen, mais ne représentaient pas nécessairement ceux des autres pays.

Les chercheurs ont recueilli un nombre limité de «variables de contrôle» (facteurs dans le groupe échantillonné qui pourraient aussi potentiellement augmenter le risque de décès). Pour cette raison, les chercheurs disent que la prudence devrait être prise en déduisant que leurs résultats prouvent que le surpoids réduit le risque de décès.

La taille et le poids ont été recueillis grâce aux rapports des participants, mais il est admis que les répondants ont tendance à sous-estimer leur poids et / ou à surestimer leur taille. Les chercheurs affirment qu’ils ont utilisé un facteur de correction élaboré par Statistique Canada pour y remédier, mais le fonctionnement de ce modèle de correction n’a pas été décrit en détail.

Dans l’ensemble, cette vaste étude a été incapable de contrôler les facteurs de confusion – les autres aspects de la vie qui peuvent influencer le lien entre le poids et la mortalité précoce. Une meilleure compréhension de la façon dont le poids agit à travers les facteurs socio-économiques, de fitness et d’autres facteurs intermédiaires est nécessaire avant de pouvoir tirer des conclusions définitives de ce type d’étude.