Rhumatologie Différences entre les perspectives des médecins et des patients sur l’anticoagulation chez les patients atteints de fibrillation auriculaire: étude observationnelle

Différences entre les perspectives des médecins et des patients sur l’anticoagulation chez les patients atteints de fibrillation auriculaire: étude observationnelle

Cette étude de Devereaux et al est un ajout important à la littérature en expansion sur la prise de décision partagée entre les patients et les professionnels de la santé. Il montre que les patients peuvent être plus réticents aux conséquences potentielles d’un AVC et moins gênés par les effets secondaires du traitement antithrombotique que les médecins. Il montre également que les réponses individuelles dans les deux groupes varient considérablement. Les réponses au nombre minimal d’AVC devant être évitées avant que la warfarine ne soit acceptable vont de un à six pour les médecins et de un à 11 pour les patients. Pour l’aspirine, les chiffres étaient de un à sept pour les médecins et de un à huit pour les patients. Les réponses individuelles au nombre maximal de saignements excessifs qui seraient acceptables étaient encore plus variées, allant de un à 22 chez les médecins et les patients pour les deux formes de traitement antithrombotique. Ces résultats sont en accord avec d’autres études d’observation qui ont comparé les préférences des patients et des professionnels de la santé lorsqu’ils sont confrontés à des choix thérapeutiques. Les différences dans ces préférences sont difficiles à prévoir, varient dans leur direction et leur ampleur et sont souvent spécifiques à une condition donnée.1-1Devereaux et al mettent en évidence des biais potentiels qui pourraient expliquer la différence de réponses dans leur étude. Ces biais comprennent des intervieweurs non aveugles qui interrogent chacun des deux groupes séparément (biais de l’intervieweur) et le fait que les interviews des patients ont duré beaucoup plus longtemps (même avec le consentement et le test mini-mental entrepris dans le groupe de patients). En outre, la sélection des patients qui n’avaient aucune expérience d’un accident vasculaire cérébral ou des effets secondaires du traitement pourrait biaiser leurs résultats. Les patients qui ont eu un épisode de saignement dû au traitement par la warfarine rapportent des scores de qualité de vie significativement inférieurs.1-2 Beaucoup soutiendraient qu’il n’est pas surprenant que des différences dans les préférences pour le traitement antithrombotique aient été trouvées.Les patients semblent plus âgés et ont un niveau d’éducation inférieur à celui des médecins participant à cette étude. Les différences de caractéristiques entre les patients et les médecins peuvent avoir produit des différences dans les préférences pour le traitement antithrombotique. C’est précisément la raison pour laquelle les professionnels de la santé devraient rechercher explicitement les points de vue des patients lorsqu’ils prennent des décisions sur le traitement. Malheureusement, le fait de demander aux patients leurs préférences en matière de traitement lorsque des décisions sont prises sur la prise en charge future est souvent négligé par les médecins1-3. Les développements importants sont susceptibles de modifier la dynamique de prise de décision entre patients et médecins dans le futur. L’information est maintenant une marchandise disponible gratuitement. Des initiatives telles que la collaboration Cochrane promeuvent activement la participation des consommateurs et l’information orientée vers le patient sur l’efficacité médicale. Des aides à la décision et d’autres outils sont en cours d’élaboration pour permettre aux patients d’accéder à l’information et leur permettre d’exprimer leurs préférences pour les options de traitement.1-4 Certaines lignes directrices cliniques expriment et quantifient explicitement l’impact des préférences des patients sur les recommandations thérapeutiques. Les résultats de cette étude montrent que les professionnels de la santé doivent être sensibles aux préférences des patients et encourager l’utilisation d’aides à la décision et de sources d’information pouvant faciliter la prise de décision partagée chikungunya.